Greg Beacham est un sorcier automobile basé en Nouvelle-Zélande. C’est par hasard que je suis tombé sur l’une de ses réalisations. En effet, chaque jour je survole les nombreux messages qui arrivent dans ma boîte mails. Le titre de l’un d’entre eux m’a alors sauté aux yeux : Beacham MK II V8. J’approfondis donc ma lecture. Il s’agit là d’un article relatant les transformations apportées à une Jaguar MK II. Dans le texte, il y est question de Greg Beacham. Aussitôt, j’envoie un mail à Greg lui demandant plus d’informations. Réponse quasi immédiate. La voiture se trouve en Belgique. Il m’envoie sans attendre photos et indications sur ce modèle si particulier.

Beacham MK II V8, une berline transfigurée

Une Jaguar survitaminée avec un coeur de XJR V8 made in Beacham.

Beacham MK II V8 vue trois quarts avant droit dans un décor champêtre.

La Jaguar MK II 3.8 est l’une des berlines sportives les plus connues des années 60. Qui ne rêve pas d’en avoir une dans son garage ? Voiture de police, de gangster ou de compétition, la noble Anglaise sait tenir son rang dans toutes les situations. Toutefois, des gentlemen drivers en veulent plus. Certes, le 3.8 L est agréable et onctueux. Cependant, pouvons-nous avoir mieux ? Sans aucun doute, répond Greg Beacham.

À vrai dire, notre talentueux sorcier ne fait pas dans la demi-mesure. En 1997, il commence donc à utiliser le 6 cylindres de la XJ40, puis la X300 et en 2000, c’est au tour du 4.0 L. Un développement progressif en somme. Enfin, il emprunte le cœur de la XJR : un V8 de 5.0 L. C’est dire que ça déménage un peu plus que le 3.8 L. Pour en arriver à ce résultat, la société de Greg n’a pas hésité à se mettre en danger tant le challenge était difficile. Suivant un concept tout à fait néo-zélandais de ne jamais abandonner, le projet, après beaucoup d’efforts, a pu être terminé. Greg tient également à remercier ses clients fidèles qui ont su faire preuve de patience.

Tout est dans le détail. C’est pourquoi, au premier regard, il s’agit de la très classique et britannique MK II. Il faut un œil acéré et connaissant bien le félin pour découvrir les différences. D’abord, les jantes et les pneus sont nettement plus proéminents. Ensuite, les rétroviseurs ne sont plus positionnés sur l’aile ou la porte.

Beacham, de la restauration à la création d’une version unique

Adieu 6 cylindres de 3.8 L et bonjour V8 de 5.0 L pour cette MK II Beacham

Beacham MK II V8 vue du moteur V8 de la XJR.

La réputation de Greg Beacham n’est plus à faire. En effet, il est connu comme le loup blanc dans le monde de la restauration de voitures anciennes. Il officie, entre autres, sur des Jaguar MK. La restauration l’a ainsi amené, au fil du temps, à apporter aux anciennes de nombreuses améliorations technologiques modernes. L’étape suivante consiste à greffer carrément des organes modernes sur d’anciennes MK II, comme celle que vous pouvez admirer sur ces photos. En fin de compte, Greg Beacham a livré au total plus de 250 Beacham MK II à des clients à travers le monde – en restauration standard ou en transformation 5.0 L V8.

Rappelez-vous. Une ligne intemporelle, une calandre ovale verticale, des fauteuils club à l’intérieur. Dans les années 60, la MK II ne peut qu’attirer le regard. Et c’est toujours le cas aujourd’hui. En fait, c’est la plus britannique des voitures anglaises.

Beacham MK II V8, une révélation à conduire

Un intérieur moderne dans une classique indémodable par Beacham.

Beacham MK II V8 vue de la console centrale adaptée de la XJR.

Tout d’abord, je sais ce que vont me dire les puristes : Oh My God ! Ils osent défigurer une icône automobile. Parfait, j’en prends note. D’ailleurs, je suis partiellement d’accord avec eux. En effet, je n’aime pas trop de modernisme dans les voitures de collection. Cependant, faisons la part des choses. Pour commencer, les personnes qui conduisent ces anciennes ne sont plus de toute première jeunesse non plus. Aussi, une direction sans assistance peut devenir un handicap. Alors pourquoi ne pas recourir à des techniques plus modernes. Ensuite, la fiabilité du 3.8 L peut être un second point noir. Et puis, vous aimez conduire cette voiture tous les jours. Alors pourquoi ne pas sauter le pas et choisir une Beacham MK II V8. Le look d’une oldtimer et la technologie d’une auto moderne.

Vintage Car Magazine vous donne son avis

Beacham MK II : nous aimons son aspect extérieur

La ligne de la Jaguar MK II est intemporelle, Beacham l'a respectée.

Beacham MK II V8 gros plan trois quarts avant droit.

Comme mentionné précédemment, je ne suis pas pour dénaturer le classicisme d’une voiture de collection. Je ne connais pas personnellement Greg Beacham. Je ne peux qu’admirer le travail qu’il a réalisé sur cette Beacham MK II V8. Rien n’est laissé au hasard. Ainsi, le moindre petit détail est parfait. La Beacham MK II est construite à la main. Ainsi, les joints de portes ont des trous pour laisser passer l’air et donc la porte se ferme facilement mais fermement. Je n’ai rien à redire sur l’aspect extérieur du véhicule. Là-dessus, il est parfait, conforme à une MK II.

Beacham MK II : nous aimons moins son aspect intérieur

Beacham respecte le cuir et le bois, équipements traditionnels d'une MK II.

Beacham MK II V8 vue de l’espace avant.

Concernant l’intérieur, je suis moins fan. D’accord, on retrouve bien l’ambiance boisée d’origine. Bien sûr, c’est le souhait du client de pouvoir posséder un véhicule au confort moderne. Avec, donc, toute la technologie qui va avec. Mais, l’énorme console centrale et ses commandes ultra modernes me laissent dubitatif. C’est d’ailleurs le seul point qui me chagrine. Toutefois, je prendrais bien le volant de ce bolide qui accélère de 0 à 96 km/h en 6 secondes.

Tous mes remerciements vont à Greg et son fils Alex pour m’avoir adressé toutes ces informations. D’ailleurs, cette incroyable Beacham MK II V8 continue de réjouir son propriétaire !

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