Ugo Zagato pourrait être fier de voir son entreprise, la Carrozzeria Zagato, fêter son centenaire. C’est en 1919, en effet, que cet ancien de l’aéronautique crée sa société à Milan. Son objectif est de concevoir et réaliser des carrosseries pour l’automobile. Il brûle d’utiliser des techniques et des matériaux propres aux avions. C’est ainsi qu’il s’emploie à modifier les designs habituels, à rendre les véhicules plus légers et plus aérodynamiques. Très vite, la société noue des liens étroits avec le constructeur Alfa Romeo qui lui amèneront la consécration. Il taille ainsi pour la marque des carrosseries sur mesure et oh combien légendaires. Il s’agit des Alfa Romeo 6C 1500, 6C 1750 ou encore 8C 2300. Tout cela dans les années 1930.

Mais, comme pour certains autres carrossiers prestigieux, son usine est détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, puis reconstruite. Malgré tout, l’atelier reprend ses activités et produit une série appelée Panoramica, à cause de sa carrosserie panoramique. Ces berlinettes deux places profitent de mécaniques Fiat, Ferrari et Maserati. Dans les années 1950 et 1960, la Carrozzeria Zagato connaît une belle envolée grâce aux GT Maserati, Aston Martin, Abarth, Lancia et Alfa Romeo. Elles sont reconnaissables à leurs lignes effilées et aérodynamiques, mais surtout à leurs toits à double bulbe. Au décès d’Ugo, en 1968, son fils Elio le remplace à la tête de l’entreprise. D’artisanale, la production devient industrielle. Aujourd’hui, la Carrosserie Zagato est dirigée par Andrea, petit-fils du fondateur. Si les temps changent, les modèles produits à l’heure actuelle semblent pourtant avoir été façonnés par le même artisan.

1932 | Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport

La Carrozzeria Zagato a travaillé sur de nombreux modèles dont des Alfa Romeo telle cette 6C 1750 Gran Sport.

1932 Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport – Carrozzeria Zagato.

La renommée de la Carrozzeria Zagato doit beaucoup à l’Alfa Romeo 6 C 1750 Gran Sport de 1932. Comme d’ailleurs aux autres voitures de la série C. Ces modèles exclusifs n’ont été produits qu’à 2635 exemplaires, en comptant les châssis courts. Cette sportive a connu un grand succès en remportant de nombreux Grands Prix. Notamment en Belgique, Espagne, à Monza ou Tunis. Cette voiture a en partie assis la réputation de la Carrosserie Zagato en raison de ses lignes élégantes et de la qualité du travail effectué.

(Voiture prêtée par un collectionneur belge.)

1952 | Fiat 1100E par la Carrozzeria Zagato

Magnifique réalisation de la Carrozzeria Zagato que cette Fiat 1100 de 1952.

1952 Fiat 1100 – Carrozzeria Zagato.

Voiture exclusive s’il en est, cette Fiat 1100E carrossée par la Carrosserie Zagato n’a été fabriquée qu’à cinq ou six exemplaires. Il n’en subsiste d’ailleurs, à l’heure actuelle, que trois. Présentée au salon de Turin en 1954, ce n’est qu’en 1970 qu’elle est trouvée en Sardaigne. Parmi ses anciens propriétaires, figure le Comte Gaetano Solanelli de Macerata. Tous les autres propriétaires sont également connus. En 1954, le bolide s’aligne au départ des Mille Miglia. Depuis son rachat, en 2012, par son propriétaire actuel, le véhicule présenté à InterClassics Brussels 2019 a fait l’objet d’une importante restauration. Les sociétés Quality Cars of Vigonza, en Italie, et Stada e Corsa, aux Pays-Bas, ont achevé leur travail en 2014.

(Voiture prêtée par un collectionneur belge.)

1955 | Fiat 8V

La Fiat 8V a reçu de nombreuses carrosseries différentes dont celle-ci de la Carrozzeria Zagato.

1955 Fiat 8V – Carrozzeria Zagato.

La Fiat 8V est présentée pour la première fois au salon de Genève en 1952. Première Fiat à quatre roues indépendantes, elle ne sera cependant pas un succès commercial. Fiat n’en produit que 114 exemplaires en deux ans, de 1952 à 1954. Le constructeur n’habille lui-même que 34 châssis et confie les autres à différents carrossiers. La Carrosserie Zagato en exécute les carrosseries pour 32 au total. Elle réalise là l’une de ses plus brillantes créations et la dote du toit à double bulbe. La Fiat 8V est équipée d’un moteur V8 de 1996 cm3 développant 127 ch dans sa dernière version. Une vitesse de pointe de 200 km/h et une excellente tenue de route lui permettent d’accumuler les succès en courses GT. La sportive est en tête du championnat italien de GT 2 L jusqu’en 1959, sans interruption.

(Véhicule prêté par un collectionneur belge.)

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