Retrouvons-nous au Mondial de Paris, il y a presque dix ans, en 2010. Une société, Exagon, présidée par Luc Marchetti y dévoile sa vision de la sportive électrique française. La voiture électrique n’en est, alors, qu’à ses premiers balbutiements. De plus, l’offre existante en mobilité électrique, à cette époque, ne brillait ni par son originalité ni par son audace. Pour la plupart, il s’agissait de véhicules moches. À croire que les bureaux d’études des grands constructeurs avaient perdu tout sens créatif, voire même toute idée du beau. De petites structures, cependant, enquêtent auprès des futurs acquéreurs. Il veulent connaître leurs besoins et leurs désirs. Ils leur posent les bonnes questions afin de développer un nouveau modèle entièrement électrique. C’est au salon de Lyon, en 2011, que nous avons rencontré Luc Marchetti et sa Furtive e-GT. Voyons ce qu’il a à nous dire sur cette voiture. Séquence nostalgie.

Furtive e-GT | Luc Marchetti à l’origine de la Supercar

Père de la Furtive e-GT, Luc Marchetti président d'EXAGON Motors.

Furtive e-GT avec Luc Marchetti, président D’EXAGON Motors.

Pour qui gravite dans le monde de la compétition automobile, l’homme à la tête de ce projet n’est pas un inconnu. En effet, Luc Marchetti, Président d’EXAGON Motors, a conçu et développé de nombreux châssis et moteurs (thermiques) pour des véhicules de course. Les voitures engagées au Trophée Andros portent d’ailleurs sa griffe. Qu’est-ce qui anime l’homme ? Luc Marchetti agit par passion pour la mécanique et l’automobile. Cette passion lui fait explorer d’autres horizons. C’est au tour de la propulsion électrique d’attirer son attention. La base de ce projet repose sur les attentes de ses relations en matière d’automobile sportive. À la question : « Comment voyez-vous la voiture électrique passion ? ». Trois critères se détachent du lot : performance, autonomie et quatre places.

Une Feuille blanche comme point de départ 

Des partenaires de renom pour la conception de cette Furtive e-GT.

Une vue de face pour la Furtive e-GT.

Peu à peu, tous les éléments viennent s’imbriquer les uns dans les autres. Le résultat final donne un coupé 4 places à motorisation électrique. L’ensemble a vraiment de l’allure. En effet, châssis et cellule en carbone, caisson sur mesure central pour recevoir les batteries, deux moteurs électriques. Des liaisons au sol assurent un « grip » hors du commun. Une vraie GT pour amateur de sportive de haut niveau. Et, qui plus est, respectueuse de l’environnement. Exagon peut aussi compter sur ses trois partenaires principaux. Citons Siemens pour les moteurs électriques, Saft pour les batteries et Michelin pour les liaisons au sol et les pneumatiques. En conclusion, Luc Marchetti ne fait pas les choses à moitié. Pour réaliser une GT haut de gamme, il s’entoure en effet de partenaires haut de gamme.

Du sur mesure | le credo de la Furtive e-GT

La ligne de la Furtive e-GT est conforme aux Supercars modernes.

Vue de trois quarts arrière gauche de la Furtive e-GT.

Ainsi, le centre de gravité de la Furtive e-GT est extrêmement bas. En effet, le caisson contenant les batteries se trouve sous la partie centrale du véhicule. C’est-à-dire sous les sièges et le tunnel de transmission. En conséquence, une répartition quasi idéale des masses. Son poids total est de 1600 kg et celui de ses batteries de 420 kg. Le bolide est une propulsion développant 340 chevaux. Il atteint la vitesse de 280 km/h. Chose rare, la boîte est à quatre rapports, ce qui permet un couple maximum à la roue sur chacun de ces rapports. Et, comme pour la plupart des éléments de cette voiture, le développement a été fait sur mesure.

Une autonomie proportionnelle à sa vitesse

Il est dommage que cette furtive e-GT soit venue trop tôt pour gagner le marché de l'électrique.

Vue, en extérieur, trois quart avant gauche de la Furtive e-GT..

La question de l’autonomie d’un véhicule électrique revêt une importance toute particulière. À ce sujet, Luc Marchetti ne pratique pas la langue de bois. Il ne triche pas et annonce les chiffres réels. Ainsi à 50 km/h de moyenne, l’autonomie est d’environ 400 km. A 90 km/h, l’autonomie passe à 288 km, puis à 110 km/h 241 km et enfin à 130 km/h environ 200 km. Enfin, en cycle urbain, son autonomie est de 307 km, sur autoroute de 260 km et en cycle mixte de 280 km. Pour ceux qui le souhaitent, la Furtive e-GT peut être équipée d’un prolongateur d’autonomie qui autorise une autonomie totale d’environ 800 km. Cependant, à aucun moment le petit moteur thermique entraîne les roues. Il agit uniquement comme générateur.

Haute couture automobile | Ainsi naquit la Furtive e-GT

Tel un couturier, le designer de la Furtive e-GT taille et recoupe pour arriver à la perfection.

Lors du Salon de Lyon 2011, une vue de trois quarts avant de la Furtive e-GT.

Destinée à une clientèle élitiste, la Furtive e-GT représente un véhicule hors du commun. Celui-ci allie, en effet les performances d’une véritable GT et la tendance écologique actuelle. Avec son équipe et ses partenaires, Luc Marchetti devient l’artisan de la haute couture automobile. Qui dit artisan, dit petite production. En effet, la Furtive e-GT ne sera fabriquée qu’à 150 exemplaires par année. Les premières livraisons ne devraient d’ailleurs pas arriver avant la fin 2012. En effet, la version exposée à Lyon n’est encore qu’un « Show Car ». Les derniers tests et modifications sont toujours en cours. De ce fait, la version définitive sera présentée lors du Mondial de Paris. Aussi, pour les personnes qui souhaitent acquérir ce modèle d’exception, elles peuvent déjà faire une réservation auprès de la société EXAGON Motors. Le prix n’est pas fixé mais devrait être comparable à ceux des GT thermiques équivalentes.

Vintage Car Magazine vous donne son avis

Futur Collector, la Furtive e-GT aurait pu le devenir.

Cette Furtive e-GT a failli devenir un Futur Collector.

C’est un peu déroutant de parler à nouveau de cette Supercar française. Nous l’avons vue à plusieurs reprises et nous sommes tombés sous son charme. En dépit du fait que nous ne sommes pas particulièrement séduits par l’électrique. Ce qui nous a donc séduits, c’est sa ligne générale, très réussie. Ensuite, son architecture, entièrement nouvelle. En effet, ce n’est pas une adaptation électrique d’une voiture thermique. Pour terminer, les composants proviennent de partenaires sérieux. En conclusion, nous ne pouvons que regretter l’abandon du projet Furtive e-GT. Elle est arrivée trop tôt sur un marché hésitant (2010). Elle elle est absolument digne de côtoyer les Ferrari, Lamborghini et autres Supercars de 2019.

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