Dès les beaux jours venus, les véhicules anciens sortent de leur hibernation et aspirent avec impatience à fouler l’asphalte de leurs pneus engourdis. Dès lors, chaque propriétaire se fait un honneur d’accorder les meilleurs soins et attention à son ou ses voitures de collection. Animés par leur passion, ces collectionneurs acceptent également de porter une responsabilité très importante : maintenir en état le patrimoine technique, scientifique et culturel.Pourtant, au regard de la pollution, de la sécurité routière ou de l’engorgement des routes, ces véhicules sont particulièrement menacés. Que faire pour qu’ils ne disparaissent pas du réseau routier ?

Comment réagit la Fédération Internationale des Véhicules Anciens (FIVA) ?

1936 Alvis Speed 20 SD Drophead Coupé de collection

Pour rappel, la FIVA est une organisation mondiale qui préserve, protège et promeut les véhicules anciens, la culture qui s’y rattache et leur conduite en toute sécurité. Par l’intermédiaire de son Président, M. Patrick Rollet, en posant un regard lucide sur les voitures autonomes, sur l’état d’esprit des clubs d’anciennes et sur la nouvelle génération de passionnés, elle s’interroge sur l’avenir des véhicules de collection.

Et si l’on évoquait les voitures autonomes ?

On peut ne pas aimer manger (si, ça existe !), de même, on peut ne pas aimer conduire ! Pour ces personnes, l’arrivée des voitures équipées d’aides à la conduite est déjà une aubaine. Quant aux véhicules complètement autonomes, ils ne pourront pas être mis en service avant que la législation ne change. Pour l’instant, elle stipule encore que : « Le conducteur doit toujours rester maître de son véhicule ». Dans l’hypothèse où il n’y aurait plus de conducteurs, alors les voitures de collection resteraient dans les garages et seraient exposées, tels des squelettes de dinosaures, dans les musées comme témoins d’une ère révolue ou artefacts culturels.

Que représentent au juste les véhicules de collection ?

On l’aura compris, les véhicules anciens font partie du patrimoine historique et culturel. « La possession de ce type de véhicules n’est pas une question économique, mais une affaire de passion », déclare M. Rollet. En effet, les mots plaisir, loisir, beauté, souvenir, etc. font partie du vocabulaire des collectionneurs. Il n’y a qu’à fréquenter les concentrations dédiées à ces véhicules pour en comprendre tout le sens. Chaque propriétaire a souvent passé des années à essayer de lui rendre son apparence d’origine. Il a fréquenté nombre de bourses aux pièces et a certainement fait appel à des artisans spécialisés dans la restauration des véhicules anciens.

Pour nombre de collectionneurs, le véhicule qu’ils chérissent représente une partie de leur enfance. Les souvenirs liés à une époque, à une personne, à un lieu, donnent une valeur particulière à cette voiture ancienne. Certains vénéreront un bibelot, un tableau ou un meuble pour les mêmes raisons. Héritage familial ou sentimental.

Quel est l’avenir des clubs de collection ?

1990 BMW M3 ©2019 RM Sotheby’s déjà en collection

S’ils ne rallient pas à eux les jeunes conducteurs, les clubs sont certainement voués à une mort lente. En effet, selon le dicton « qui n’avance pas recule », les clubs qui n’agiront pas risqueront de ne plus exister, faute de sang neuf. Les jeunes se comportent différemment :

  • Ils communiquent rapidement, via les réseaux sociaux,
  • Ils s’organisent et organisent en un rien de temps une manifestation ou un rassemblement,
  • Internet leur fournit toutes les adresses pour trouver des pièces, un mécanicien spécialisé, etc.

Quel intérêt pour eux alors d’intégrer un club et de suivre un règlement qui ne leur conviendra peut-être pas ?

Changer la mentalité des clubs

Les jeunes amateurs de véhicules anciens existent. Si les clubs veulent les attirer, ils doivent impérativement agir. Rajeunir le comité d’organisation, créer une section « jeune », par exemple. La tolérance envers les intérêts et goûts de chacun permettrait de ne pas « snober » une quelconque adhésion. En se montrant, en montrant ses véhicules, le club s’ouvrira vers l’extérieur et, qui sait, suscitera des vocations ! En organisant des sorties informelles, dynamiques et plaisantes, le club encouragera aussi la participation des jeunes.

Chaque véhicule de collection a une histoire

Le véhicule ancien n’est pas qu’un châssis, un moteur ou une carrosserie. Chaque élément qui le compose porte en lui une histoire et fait également vivre l’histoire de ces pionniers, visionnaires et précurseurs de l’industrie automobile d’aujourd’hui. Prenons par exemple l’histoire de Bédélia. Les deux amis à l’origine de ce véhicule improbable étaient jeunes, complètement fauchés et plein d’enthousiasme.

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Qui sauvera nos véhicules anciens ? La volonté politique, en défendant tout un patrimoine, les jeunes, s’ils reçoivent les bons messages de la part des clubs et des fédérations, les femmes aussi. Elles sont de plus en plus nombreuses à piloter, à participer à des rallyes mixtes ou féminins. Si l’on ne veut pas que les véhicules anciens, tels les tableaux de maître, se transforment en objet d’art ou en investissement, tout le monde doit concourir à leur ouvrir la route. Et dans ce cas, oui, nous pourrons encore conduire nos véhicules de collection dans 20 ou 50 ans !