Voyageons un peu, si vous le voulez bien. Nous allons nous rendre à Down Under, et plus précisément en Australie. L’Australie possède, en effet, son propre contingent d’automobiles. Pour la plupart, elles n’ont jamais mis un pneu en Europe préférant rester sur leur continent. C’est le cas de cette voiture de luxe produite sur place par la marque Holden. La Statesman, pour ne pas la nommer, devait concurrencer la Fairlane de Ford. Dans les grandes lignes, Ford et GM ont l’habitude de s’affronter, soit directement, soit par l’intermédiaire de leurs marques locales. La Fairlane et la Statesman se trouvent donc exactement dans ce cas de figure.

Statesman HQ | Une aventure luxueuse qui commence en 1971

Statesman, la version luxueuse des limousines entre 1971 et 1984.

1973 HQ Holden Statesman De Ville vue trois quarts avant droit.

Nous nous intéressons particulièrement à la première tranche de vie de la Statesman, soit la période allant de 1971 à 1984. Il s’agit en fait de la première génération de cette berline. Pour désigner ses véhicules, le fabricant Holden accolait une double lettre au nom de la voiture. C’est ainsi que la toute première série porte les initiales HQ. Fabriquée entre 1971 et 1974, la Statesman HQ remplace la Holden Brougham, vieillissante. L’empattement rallongé offre ainsi plus d’espace pour les passagers arrière. Le véhicule est aussi disponible en plusieurs motorisations : un 6 cylindres de 3.3 litres et trois V8 de 4.2 litres, 5.0 litres et 5.7 litres.

Une version toujours plus somptueuse, la HJ

Statesman HJ est une version plus luxueuse de la HQ.

1974-76 HJ Holden Statesman Caprice Sedan vue trois quarts arrière droit.

Toujours en concurrence féroce face à Ford, Holden remanie sa Statesman. Il commence par réduire la voilure des moteurs. Le fabricant ne propose ainsi plus que le V8 de 5.0 litres. Ensuite, il s’attache à transformer l’intérieur en un salon luxueux. En effet, la Statesman Caprice propose de somptueux sièges en cuir. Plus une climatisation d’usine – très rare à l’époque – un verrouillage électrique, des fenêtres électriques et un éclairage intérieur de 13 lampes. Et ce n’est pas tout ! La Caprice reçoit des enjoliveurs spécifiques, des pneus à flanc blanc et un nouvel ensemble calandre / pare-chocs. Elle se distingue ainsi des modèles plus simples.

Statesman HX et HZ | En période trouble

Statesman HX et HZ en eaux troubles à cause de la presse.

1979 HZ Holden Statesman De Ville vue trois quarts avant gauche.

Entre 1976 et 1980, les modèles Statesman HX et HZ connaissent quelques soucis liés à de mauvais articles de presse. C’est l’époque, en effet où les normes antipollutions changent. Les fabricants et les importateurs se conforment alors à ces nouvelles exigences et modifient les moteurs. Quant à la presse de l’époque, elle insiste sur le fait que les moteurs auraient beaucoup perdu en puissance. Or, selon Terry Bebbington, historien de la marque Holden, ce lynchage est infondé. En effet, selon lui, deux méthodes différentes sont utilisées pour évaluer la puissance d’un moteur. L’interprétation peut alors être sujette à caution. En réalité, aucune perte de puissance ne se ressent sur la route. Mais, il est difficile de faire taire une rumeur.

Un retour gagnant en 1980 avec la WB

Statesman WB ainsi se termine la première génération de Holden Statesman.

1980-85 WB Holden Caprice Series I vue trois quarts avant droit.

Nous voici arrivés à la dernière série de cette première génération des Holden Statesman. C’était le désir de la marque d’offrir un dernier rappel à son véhicule phare. Le remaniement de l’auto se fait alors en profondeur. On doit son dessin à Leo Pruneau, responsable du Design chez GM-Holden. En vue de minimiser les coûts, certains éléments de la version HZ sont alors réutilisés. Entre-temps, la division des véhicules spéciaux (HDT), dirigée par Peter Brock, présente une version vitaminée de la Statesman. Il s’agit de la Magnum. Elle propose des pare-chocs dans la teinte de la carrosserie, un volant Momo et un V8 de 5 litres revu et corrigé par HDT. En outre, les suspensions et le freinage sont adaptés au style de la Magnum.

Vintage Car Magazine vous donne son avis

Statesman Custom remplacée par la HJ De Ville au sein de la gamme Holden.

HJ Statesman De Ville remplace la Custom en entrée de gamme.

Notre tour d’horizon arrive à son terme. Nous nous sommes attardés sur la première génération de cette voiture australienne de luxe. Pour information, la marque Holden ne fabrique plus ses véhicules sur le sol australien. Pour revenir aux Statesman, sachez que ces voitures affichent souvent des kilométrages très élevés. En effet, elles sont rares à se trouver en dessous de 200 000 km. Certaines, encore en circulation, affichent même un kilométrage de plus de 400 000 kilomètres. Enfin, bien que les prix soient abordables (avec le change en francs suisses), nous doutons que l’importation d’une telle auto soit bon marché. Le monde regorge de voitures originales. Notre objectif est bien évidemment de vous les faire découvrir.

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